Rochel, 3 poèmes : Alors que pourtant le bonheur s'est imprimé

Rochel, 3 poèmes : Alors que pourtant le bonheur s'est imprimé
Cet homme me sourit

Comment expliquer
Que je ne suis pas comme ça,
Tel que l'on m'a rêvé ?
Comment exprimer
Cette différence qui est là,
Et que l'on voudrait me voir refouler ?

Aujourd'hui mon c½ur de verre
Est fendu de toutes parts ;
Le moindre souffle d'air
Le ferait s'envoler en éclats

Son sein presque brisé
En lui retient encore
Le souffle tiède presque éteint
Qu'il m'a offert la première fois

Un ruban de velours,
Rouge de ma passion,
Mince mais pourtant tenant,
Enserre mon c½ur, en retenant les fragments.

Autour de moi la terre asséchée
S'abreuve du sang qui coule
Des mes ailes blanches de liberté
Qui désormais ne me portent plus

Les chaînes rouillées de ces valeurs,
Vétustes et enracinées,
Mordent mon esprit et mon corps,
Scellées par cette serrure
Dont la clef est tenue éloignée
De la portée de ma volonté blessée.

Eparpillés aux quatre vents,
Je vois les morceaux,
Ceux des visages de porcelaine
De ceux qui par la peur on été détruits,
Dont les larmes aujourd'hui me font vaciller

Les feuilles mortes du désespoir
Emplissent la rue mon désir
Et la pluie froide du Jamais Plus
Traverse mon manteau de papier

Le rosier immaculé grimpe,
Les roses d'influences et prêcheuses
Déchirant ma peau deviennent rouges,
Epuisant peu à peu sang et amour,
Puis se fanent dans soupir victorieux

Les entraves des idées
Me tiennent éloigné de lui,
Mais de même m'y rattache tant et plus
Je soupir enfin, et je sais,
Le lien de notre idylle n'est pas flétri

Vous qui dites vouloir mon bonheur,
Qui vous cachez derrière des masques,
Ecoutez la complainte chantée par mon c½ur :

« Une félicitée telle que celle-ci
Ne pourra pas être surpassée ;
Je veux simplement être près de lui
Je veux juste être avec lui

Je veux encore pouvoir
L'embrasser sous la pluie
Surprendre son sourire dans mon miroir
Et sentir sur ses épaules
Son manteau trop grand pour moi

Etre dans ses bras est une volupté,
Lui parler me charme,
Etre contre lui m'enchante,
Et plus que son souffle rien ne peut m'apporter de chaleur.

Son corps est ma demeure,
Ses lèvres mon plaisir,
Son être la moitié de mon c½ur

L'Amour n'a pas de sexe
Et n'a aucune règle,
Il frappe comme un traître,
Sans demande et sans accord

Cet homme me sourit
Et celui que je suis se donne à lui,
Alors laissez-le m'aimer ;
Vos paroles peuvent s'envoler,
Mais laissez-moi l'aimer.

# Posté le mardi 04 juillet 2006 16:48

Modifié le mercredi 05 juillet 2006 12:44

Rochel, 3 poèmes : Alors que pourtant le bonheur s'est imprimé

Rochel, 3 poèmes : Alors que pourtant le bonheur s'est imprimé
Le deuxième :


V½ux stériles

J'aimerais quand j'ai froid
Quelqu'un qui soit là, près de moi.
Sans que l'hiver mordant de la solitude
Pénètre par mes fenêtres ouvertes.
J'aimerais quand je pleure
Quelqu'un qui me console
Et sèche les larmes trop acides
Qui surviennent en place d'ivresse.
J'aimerais quand la mélancolie me pèse
Quelqu'un qui sache me faire rire.
La grisaille qui recouvre mes pas
N'en serait alors plus passagère.
J'aimerais quand je me promène
Quelqu'un qui prenne ma main
Et me montre le chemin
A travers les pièges et les appâts.
J'aimerais quand je ne trouve le sommeil
Quelqu'un qui veille sur mes rêves.
Las de me battre contre mes sombres songes,
Je pourrais alors m'égarer serein.
J'aimerais qu'un nom soit sur mes lèvres
Quand je me réveille le matin.
Prononcé encore et toujours,
Il invoquerait le sentiment.
J'aimerais que l'on m'apprenne
A vivre sans larmes ;
J'aimerais que tu ne t'échappes pas
Dès que je crois te saisir.
Mais, entêté, tu t'éloigne
Sans que j'arrive à te retenir.
Tes contours se troublent et s'effacent
Ainsi que ton souvenir qui s'estompe
Pour ne plus laisser de traces.

# Posté le mardi 04 juillet 2006 16:49

Modifié le mercredi 05 juillet 2006 12:44

Rochel, 3 poèmes : Alors que pourtant le bonheur s'est imprimé

Rochel, 3 poèmes : Alors que pourtant le bonheur s'est imprimé
Le troisième :

Si tu m'aimais ! (inspiré des albums de Yann Tiersen)

Si tu m'aimais, oui, Si tu m'aimais !
Ma vie monochrome
Jusque là faite
D'absence et d'échec,
De mes espoirs épars
Comme des éclats de miroirs à mes pieds
Dans lesquels je revois les fragments
De mes lettres d'explications,
De mes rêves froissés,
Serait de nouveau une vie !
Si tu m'aimais !
Ce ne serait plus moi chaque fois
Qui gagnerais la coupe,
La coupe de neige maculée
Et de rêves aux fleurs déjà fanées.
Si tu m'aimais !
Toi et moi dans la rue remplie d'automne
Sous le ciel humide et clair.
Moi, je surprendrais un de tes sourires
Entre les chevaux d'un manège ;
Toi, et la chaleur sur mes épaules
De ton manteau trop grand pour moi.
Si tu m'aimais !
Tu me laisserais m'égarer
Dans le dédale de tes paroles,
Comptine d'un autre été,
Echarpe de ton souffle chaud sur mon cou.
Si tu m'aimais !
Toi, celui en qui j'aimerais voir
Une autre réponse enfin.
Si seulement tu me voyais
Entre les ombres de la foule !
Si tes mots remplaçaient mon silence !
Si ta chaleur chassait mon hiver !
Avant ma chute dans le fond du puits,
Si tu me rattrapais !
Si tu m'aimais, oui,
Si tu m'aimais !
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# Posté le mardi 04 juillet 2006 16:50

Modifié le mercredi 05 juillet 2006 12:42

Lynda Lemay, « les deux hommes »

Lynda Lemay, « les deux hommes »


Ils voulaient devenir parents, les deux hommes
Et ils se sont battus longtemps
Pour avoir dr
oit tout simplement, les deux hommes
Le
s deux têtus, les deux amants,
A une famille... alors ils o
nt
Adopt
é un joli poupon

Ils sont
enfin devenus papas, les deux hommes
Et
comme tous les papas sérieux
Ils se sont creusé malgré eux, les deu
x hommes
Des cernes mauves sous les yeux
A ch
ercher la meilleure façon
De s'occuper d'leur n
ourrisson

Il n'aura pas eu
de maman, le petit môme
N'aura tété que des biberons
N'aura pas co
nnu ces seins blancs que l'on donne
A tant d'autr
es petits garçons
Dans ces maison
s où ça s'querelle
Pour des raisons conventionnelles

Ils y
arrivaient pas trop mal, les deux hommes
Les deux
amoureux, les deux mâles,
Même s'il était clair dans la tête des deux pères
Qu'ils ne pouvaie
nt pas se permettre
Les mêmes faiblesses que l'on pa
rdonne
A tous l
es parents de la terre

Il aur
a grandit calmement le garçon
Juqu'a
cinq ans, jusqu'à l'école
Où bien sûr quelques garnements se
moqueront
En le traitant de fils de folles
E
t il en gardera des séquelles
Il reniera ses paternels

Ils étaient de braves parents, les deux h
ommes
Mais le mond
e étant c 'qu'il est devenu
L'amour,
ben c'est pas différent pour deux hommes
Souvent l'amou
r, ça en peut plus
Et ce fut l'cas d'cet amour-là
Le
s deux hommes ont baissé les bras

U
n tel échec fait toujours mal, on n'veut pas
Se r'trouver
monoparental
Ma
is quand tu t'fais appeler pédale et papa
Là t'es un hom
oparental
Pour l
es langues sales et les jugements
Le
s " on l'savait qu'ça foutrait le camp "

Ils feront tou
t pour consoler leur enfant
Leur adol
escent partagé
Q
ui tentera bien de n'pas rêver d'sa maman
De sa peau ten
dre et satinée
E
t d'son épaule comme une gouttière
P
our y déverser ses rivières

Ils ser
ont toujours les parents, les deux hommes
De l'homme que
leur fils deviendra
Et même s'ils n
'entreront jamais dans les normes
S'
ils auront été maladroits
Ils n'auro
nt pas perdu le droit
D'être des hom
mes dignes et droits

Ils seront tou
jours des papas, les deux vieux
Et l
eur garçon s'en souviendra
Quand à so
n tour il embuera ses beaux yeux
En
tenant un poupon dans ses bras
Et c'
est à temps qu'il comprendra
Un peti
t peu mieux les deux hommes
Et c'est
à temps qu'il reviendra
Avant que s
es papas s'endorment

# Posté le mardi 04 juillet 2006 16:51

CoMiNg OuT

CoMiNg OuT
Shirkey à 20 ans, la réaction de son amie est à la hauteur de leur amitié.

Mon coming-out

"Je t'écris de la main gauche
Celle qui n'a jamais parlé.
Elle hésite, elle est si gauche
que je l'ai toujours cachée.
Je la mettais dans ma poche
et là, elle broyait du noir.
Elle jouait avec les croches
et s'inventait des histoires."


C'est avec ce poème si attendrissant que j'ai découvert MonChoix.net pour la première fois.

Un poème vraiment simple, sincère et sans prétention. Et c'est aussi avec ce poème que j'ai commencé mon coming-out à ma meilleure amie (pour l'instant).

Après un soir de déprime, j'ai décidé d'appelé ma meilleure amie pour lui avoué (Non ! pour lui REVELER !!!) ma vraie identité. Au téléphone, je tremblais, j'ai même chialé et je n'ai pas osé lui dire quoique ce soit. Finalement, je lui ai dit que je ne suis pas le mec toujours joyeux à l'école mais en réalité, je suis vraiment malheureux. Je lui ai promis de tout lui raconter le lendemain. Elle a dit OK.

Le lendemain, j'ai décidé de lui écrire car c'est seulement dans ce cas là que je pourrais la regarder en face.

Voici un extrait de la lettre. Je la regardais lire cette lettre de 4 ou 5 pages pendant que je bois 3 litres de coca (Ne vous inquiétez pas, je ne vous infligerai pas cette torture)

Très chère,

D'abord, je tiens à te dire que ce dont je veux te parler est un secret. Tu es une personne en qui je tiens beaucoup et tu es la seule personne en qui j'ai vraiment confiance et qui pourra, j'espère, me comprendre.[...]

Dix mois déjà. Dix mois de tourment, d'inquiétudes, d'angoisses. Dix mois se sont écoulés depuis le jour où j'ai senti un sentiment bien étrange en moi. Dix mois se sont écoulé depuis le jour où j'ai senti que je l'aime. J'ai essayé de me persuader du contraire mais non. Je l'aime vraiment. Et cette passion me tue à petit feu, petit à petit à chaque jour que Dieu fait. Dix mois se sont écoulés depuis le jour où j'ai commencé à aimer ce garçon. Je croix que j'ai pas besoin de te dire son prénom. Tu le sais déjà.

- J'ai rencontré "N" en 2001. Il était un ami à mon pote. Puis on était devenu de plus en plus proche, on avait les mêmes goûts, les mêmes caractères,... Mais on s'est perdu de vue peu de temps après.
- 2002, j'ai eu la nostalgie du passé. J'ai eu un soudain envi de le voir. J'étais venu chez eux (pour la première fois).Il n'était pas chez lui [...]
- Début 2003, arrivé à la maison, notre femme de ménage m'avait dit qu'il y avait un mec qui m'avait demandé. Elle me l'avait décrit, j'ai tout de suite su que c'était lui.[...]
- Un samedi, j'étais avec mon père pour acheter un portable. Et je ne sais pas par quel hasard, j'ai rencontré N. Il m'avait dit de passer chez lui un de ces jours.[...]
- Pour les vacances le Pâque 2003, je devais aller en province. Je ne voulais pas y aller tout seul alors j'ai proposé à N de m'accompagner. Tout de suite il a accepté.[...] Il avait passé la nuit chez moi le dimanche de Pâque car on devait partir très tôt le lundi. On était passé à une ville très appréciée pour le lundi de Pâque, puis rejoindre le sud pour un séjour de 4 jours. C'était super. Bon, jusque là tout allait très bien. J'étais encore "normal".[...]

En fait, tout a basculé depuis le jour de notre retour. Sur la route je ne cessais de penser à notre séjour et tout ce que j'ai découvert chez lui.[...] C'est vraiment quelqu'un d'exceptionnel.

Le soir de notre arrivée, mes parents l'ont invité à passer la nuit chez nous.(Super ! Je demandais pas mieux) Le lendemain, je l'ai raccompagné chez lui et ses parents m'ont retenu pour déjeuner avec eux. C'etait génial, on avait raconté tout ce qu'on avait fait là bas. L'aprèm, on est allé développer les photos du voyage (on avait pris 64 poses pour 7 jours). Puis on est allé se balader un peu avant de rentrer. Il m'avait raccompagné. un dernier regard, un dernier sourire et bye... Ce dernier regard, je crois que je ne pourrai jamais l'oublier. Et j'étais persuadé que c'était un ADIEU. C'est là que je me suis rendu compte que je l'aimais d'une autre façon. D'une façon plus profonde... TROP PROFONDE.[...]

Je n'ai pas dormi pendant une dizaine de jours à essayer de me persuader que ce n'est juste qu'une crise passagère. TU PARLES !!![...] Je me suis dis alors que je ne devrais plus le revoir, il fallait en terminer. IMPOSSIBLE !!![...]

A chaque jour qu'on se rencontrait, je découvrais une petite partie de lui. Il est tellement mystérieux [...]Bref, on était devenu meilleurs amis. Il me confiait des choses qu'il n'a jamais racontées à personne, ses angoisses, ses idées, ses histoires vécues,... De mon coté, je me sens plus libre quand je suis avec lui. Je peux exprimer facilement ma façon de penser, mes perceptions de la vie, de l'amour, [...]

Mais bien sûr, je ne le laissais jamais percevoir ma passion pour lui. D'ailleurs, je n'espérais rien venant de lui.[...] Je me contentais de lui donner juste le minimum de mon temps, de mes pensés, de mes tendresses, de mon appui. Un minimum qui est déjà un peu trop pour un ami mais un minimum que j'aurais aimé lui donner en totalité. [...]

Un mardi, il m'a confié qu'il a un problème et ce n'est toujours pas réglé. Et il m'a tout raconté en me demandant de ne rien dire à personne ni maintenant, ni à jamais (jusqu'à maintenant, je ne comprends pas pourquoi) [...]

Il m'a confié qu'il aime une personne "PASSIONNEMENT" ...Une fille ![...]

"Tiens voilà, c'est ma détresse ; Tiens voilà, c'est la vérité. Je n'ai jamais eu d'adresse. Rien qu'une fausse identité.

Je voulais dire que je l'aime sans espoir et sans regret. Je voulais dire que je l'aime JE L'AIME, parce que ça sonne vrai."

Voilà une partie de la fameuse lettre. Ce qui m'étonne c'est que je suis toujours serein quand je suis avec "N". Et même pour la St Valentin 2004, il m'a demandé de l'aider à bricoler un truc pour sa ...Dulcinée. Bien sûr, étant son ami, je l'ai aidé. Puis finalement il m'avait dit de laisser tomber. Je crois que ça n'a pas marché entre eux.

Mais cette histoire m'a suffit à m'ouvrir les yeux et l'oublier (Mais après 3 litres de larmes, quelques nuits blanches et 2 jours de vacances). Maintenant, je suis plus serein, j'ai retrouvé mon état d'esprit d'avant ...enfin, pas tout à fait comme avant puisque maintenant, il y a une personne qui connaît mon secret. C'est fou ce que c'est soulageant de pouvoir les partager à quelqu'un et surtout à une amie telle qu'elle. Maintenant,je me sens plus libre, plus heureux, plus vivant.

J'aimerai le révéler à mon entourage surtout à mes parents mais je sais très bien que c'est encore impossible pour le moment. Surtout dans un pays conservateur tel que le mien. Au moins, il me faut quelqu'un à mes côtés pour pouvoir supporter les réactions. Mais aucun voyant, aucun romancier, aucune étoile dans la voie lactée ne pourra me prédire le jour où je le retrouverai.

"Je t'écris de la main gauche,
celle qui n'a jamais compté.
C'est celle qui faisait des fautes...
du moins, on l'a raconté.
Je m'efforçais de la taire
pour trouver le droit chemin.
Une vie sans grand mystère
où l'on ne se donne pas la main."



Si CoMmE ShIrKeY Tu VeUx PaRtAgGeR ToN CoMiNg Out N'HéSitE Pas a LaiSsé Un CoMmEntAirEs Et Je PuBliRé ToN HiStOiRe!!!

# Posté le mardi 04 juillet 2006 16:58